« L’affaire Vanneste est une affaire d’État. Elle peut être qualifiée ainsi dans la mesure où elle atteint en profondeur les piliers sur
lesquels repose la vie nationale.
Elle n’intéresse pourtant que peu de monde : l’ébranlement de la société qu’elle génère se produit dans l’inconscience à peu près générale des
citoyens et de leurs élites. Ce qui est inquiétant pour l’avenir de notre pays.
La France se veut être un pays de liberté. Sur ce registre, l’apparence est flatteuse, notamment concernant la liberté d’opinion et d’expression. En ce début
du XXIe siècle, il semble possible de penser à peu près ce que l’on veut, et d’exprimer cette pensée à peu près comme on le veut. Comme à la Samaritaine, il semble que l’on puisse trouver
tout type d’expression au sein des vecteurs d’opinons les plus influents, comme par exemple à la télévision, à la radio, dans les productions littéraires, cinématographiques ou théâtrales,
et, bien sûr, au sein de l’Education Nationale.
À y regarder de plus près, est-ce vraiment la réalité française ? L’on peut, en toute objectivité, se poser la question. À titre d’exemple, se faire inviter à la télévision, dans une émission grand public, lorsque l’on est à contre-courant de l’ambiance du temps, relève de l’exploit. Et si l’invitation a tout-de-même eu lieu, la probabilité est grande que celle-ci soit un piège : la meute des opposants sera féroce, largement guidée ou téléguidée par les animateurs de l’émission. Tant pis pour la liberté d’opinion et d’expression.
Il en est de même pour l’Education Nationale. Une analyse approfondie de la façon dont sont enseignées certaines matières montre d’abondance qu’une telle liberté n’est pas, à l’intérieur de
cette institution, la chose la mieux partagée.
Il apparaît pourtant que la France des années 2000 n’est tout de même pas l’Union soviétique du XXe siècle : cahin caha, il semble à peu près
possible de s’exprimer relativement librement.
C’est ici que fait irruption l’affaire Vanneste : celle-ci modifie fondamentalement le principe fondateur qu’est la liberté d’opinion et d’expression. En cela, elle est une affaire d’une extrême gravité, dont la société tout entière doit impérativement prendre conscience. Tel est l’objectif de ce livre : puisse-t-il contribuer à ouvrir ou enrichir un débat dont les conclusions permettront de savoir avec quel degré de liberté réelle la France s’inscrira dans le XXIe siècle ».
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